Le rachat d’entreprise par LBO conservé par François Hollande

Qu’est-ce qu’un LBO ?

Un LBO (pour Leverage Buy Out) est une forme de financement de rachat d’entreprise grâce à un emprunt. Il s’agit d’une opération financière relativement complexe. On parle également souvent d’effet de levier. On trouve différents types de LBO :

  • Management Buy-Out (MBO) : les cadres dirigeants rachètent l’entreprise, sans en être actionnaires.
  • Management Buy-In (MBI) : l’entreprise est acquise par un repreneur extérieur.
  • Buy-In Management Buy-Out (BIMBO) : combine les deux types de rachats précédents.

Dans le cadre d’un LBO, il y a alliance entre le(s) repreneur(s) et un fonds d’investissement au sein d’une holding. C’est cette dernière qui réalise l’emprunt auprès des banques pour compléter l’apport des repreneurs et former le capital. On parle d’effet de levier, d’autant plus important que l’apport est faible par rapport à l’emprunt. L’effet de levier est formé de quatre composantes :

  • Composante financière : les dividendes dégagés permettent le remboursement des dettes et du capital.
  • Composante d’optimisation fiscale : l’impôt sur les sociétés est diminué des intérêts de l’emprunt dès que la holding représente au minimum 95% de l’entreprise.
  • Composante sociale : accession des repreneurs au statut de dirigeants.
  • Composante juridique (plus rare) : permet d’acquérir, via la holding, le contrôle global d’un groupe.

 

Le principe de rachat par LBO finalement non remis en cause par le gouvernement

rachat d'entrepriseAvant les élections, le futur Président de la République, François Hollande, a critiqué de façon assez virulente le système de rachat d’entreprises par LBO. Il s’est notamment attaqué à la possibilité pour les repreneurs de rembourser l’emprunt réalisé grâce aux bénéfices de la société.

Ainsi, il a évoqué une interdiction de ces montages, afin d’empêcher l’acquisition d’entreprises avec pour seul objectif le côté financier. Or, si ces cas existent et détruisent des emplois, ils restent relativement rares, même s’ils sont fortement médiatisés.
Or, ce système est au contraire plutôt positif puisqu’il dynamise les transmissions d’entreprises, en les rendant tout simplement possibles. D’où un impact non négligeable sur le marché de l’emploi.

Au-delà des effets d’annonce, la Ministre du Commerce Extérieur, Nicole Bricq, a confirmé qu’aucune réforme concernant cette technique de rachat d’entreprise n’était pour l’instant prévue. Dans le cadre de la lutte contre la crise, elle a ainsi reconnu la nécessité pour la France de favoriser la reprise des entreprises dans de bonnes conditions, puis leur développement sur le long terme.