Achat d’entreprise : comment limiter les risques de la reprise ?

La reprise d’une entreprise est généralement moins risquée qu’une création car la société que vous reprenez possède déjà une clientèle, du matériel et un savoir-faire. Le contexte de crise économique peut favoriser la transmission d’entreprises à des prix intéressants. Mais pour limiter les aléas inhérents à toute reprise, il est important de vérifier certains points.

 

Définition de votre projet de reprise

Si vous n’avez jamais dirigé d’entreprise, assurez-vous que vous avez le profil d’un dirigeant. Inscrivez-vous à une séance d’information destinée aux futurs chefs d’entreprise, par exemple au sein de votre CCI. Demandez-vous si vous êtes prêt à :

  • prendre des risques économiques ;
  • manager une équipe ;
  • prospecter de nouveaux marchés ;
  • piloter la gestion économique et financière d’une entreprise…

Si vous manquez de compétences dans un domaine (en comptabilité par exemple), suivez une formation. En fonction de votre expérience professionnelle, définissez le type de société à reprendre (activité, taille), sa zone géographique ainsi que votre budget.

 

Trouver l’entreprise à reprendre

Pour trouver le projet de reprise qui correspond à votre situation, activez vos réseaux personnels et professionnels. Vous pouvez aussi vous adresser à des professionnels de la transmission d’entreprise (CCI, CMA ou APCE). Le recours à un cabinet peut vous permettre d’approcher directement des cédants avant qu’ils communiquent leur intention de céder leur société.

 

Evitez les problèmes financiers

Pour reprendre une entreprise, votre banque vous demandera un apport personnel proche de 20 à 30 %. Pour trouver les autres fonds, vous pourrez prospecter auprès de vos proches, mais aussi :

  • des établissements financiers : banques, Oséo…
  • les collectivités locales et associations qui proposent des prêts d’honneur ;
  • du Pôle Emploi si vous êtes demandeur d’emploi : une aide à la reprise et à la création d’entreprise peut vous être allouée.

Lors de votre recherche de financement, préparez un business plan à présenter et préparez-vous à répondre aux questions qu’on vous posera sur vos compétences et votre capacité à diriger une entreprise.

Enfin, si vous achetez des titres, négociez une clause de garantie d’actif et de passif dans le contrat de vente : cette clause oblige le cédant à prendre à sa charge un passif qui apparaîtrait après la vente.

 

Limiter les risques industriels et commerciaux

conseil pour la reprise d'entreprise

Vérifiez le bail commercial de l’entreprise candidate à la reprise :

durée, montant du loyer, conditions concernant les activités autorisées et la cession du bail. Consultez les contrats que le cédant a signés avec ses principaux fournisseurs et clients et rencontrez-les avant le rachat de l’entreprise. Renseignez-vous sur les aspects concernant la propriété industrielle, comme le dépôt des marques et des brevets auprès de l’INPI. Pour gagner la confiance du cédant et avoir accès à toutes ces données, signez un engagement de confidentialité et ne divulguez pas d’informations confidentielles. Examinez l’état du matériel industriel pour savoir si vous devrez remplacer certaines machines ou effectuer des réparations importantes.

 

Anticiper les complications juridiques et sociales

Faites vérifier par un avocat la structure juridique de l’entreprise : statuts, bilans, procès verbaux des assemblées et des conseils d’administration…Examinez les accords concernant les salaires pratiqués dans l’entreprise, ainsi que la pyramide des âges des salariés pour prévoir les départs et embauches envisageables après la reprise et dans les années à venir. Consultez également les derniers redressements effectués par l’Urssaf, les bulletins de paie des salariés et la convention collective dont ils dépendent.