La vente d’une entreprise en difficulté : mode d’emploi

Votre entreprise est en difficulté et vous souhaitez la mettre en vente ? Voici quelques conseils pour que cette cession se passe dans de bonnes conditions.

 

La décision de la ventevente entreprise en difficulté

Votre entreprise est en difficulté si elle est en situation de cessation de paiement, en redressement ou en liquidation judiciaire, ou simplement si elle perd de l’argent tous les mois… la vente d’une entreprise en difficulté est souvent moins coûteuse qu’une fermeture ou un dépôt de bilan, à condition d’anticiper cette cession et de respecter quelques règles.

Vous devrez consacrer du temps et donc de la trésorerie à cette cession. Lorsque votre décision est prise, essayez de stabiliser la situation de l’entreprise, en réduisant les coûts et en recherchant des financements.

 

Le business plan à fournir au repreneur

Si vous avez décidé de mettre en vente votre entreprise, vous ne pouvez pas masquer les difficultés et la réalité de la situation à de futurs acquéreurs : cela pourrait se retourner contre vous !

Fournissez un business plan en restant réaliste sur vos prévisions. Explicitez les raisons des difficultés de l’entreprise afin que l’acheteur puisse évaluer les mesures à prendre pour redresser la situation : s’agit-il par exemple d’impayés récurrents, d’un déficit dans la gestion courante ?

Ce business plan peut aussi estimer les besoins en financement et proposer des actions à effectuer. Votre acheteur pourra ainsi évaluer les économies à réaliser et établir un calendrier de restructuration.

Ayez conscience des difficultés de votre entreprise et jouez la transparence. Si vous fournissez à votre acheteur des données fiables sur la situation de votre société, il pourra plus facilement préparer son projet de reprise et les actions à mener lors de la reprise.

 

Le choix du repreneur

La situation de votre entreprise peut attirer des investisseurs en raison d’un prix moindre ; plus les problèmes sont grands, plus le prix risque d’être bas… Ce n’est pas parce que votre entreprise est en difficulté que vous devez accepter n’importe quelle offre ! Vous pouvez avoir certaines exigences, et même décider de vendre pour un euro symbolique à un repreneur qui conservera les emplois et le savoir-faire de l’entreprise mise en vente. Evaluez la qualité du repreneur et étudiez son projet pour savoir :

  • si votre repreneur sera capable de redresser la société ;
  • si son projet vous convient, car pour redresser une entreprise en difficulté, l’acquéreur de la vente envisagera peut-être des procédures de licenciements, un déménagement, un changement de stratégie…
  • si l’acheteur peut injecter les fonds nécessaires pour rétablir la trésorerie et pallier aux retards de paiements. Il doit avoir un apport personnel suffisant car il aura de la peine à contracter un prêt pour racheter une entreprise en difficulté.

Vous devez aussi envisager d’accompagner le repreneur, au-delà de la vente, pendant une période transitoire pour augmenter les chances de réussite du projet.

 

La reprise d’une entreprise en redressement judiciaire ou en liquidation judiciaire

La vente d’une entreprise qui connaît des difficultés judiciaires est encadrée par la loi. Si votre société est en en redressement ou liquidation judiciaire, un administrateur ou un liquidateur judiciaire est nommé. Celui-ci fixe un délai et des conditions pour les offres de reprise et c’est auprès de lui que les repreneurs déposent leurs offres. Le tribunal choisit ensuite l’offre la plus adaptée pour  relancer l’activité, maintenir l’emploi et payer les créanciers.